Arrêt de serveurs Somfy : des alarmes à plus de 1000 € rendues inutiles
Fin mars 2027, la marque Somfy prévoit de mettre fin à certains serveurs nécessaires au fonctionnement de nombreuses alarmes. L’entreprise invoque l’arrêt des réseaux de 2G et 3G, une justification discutable. HOP a reçu de nombreux témoignages et décrypte cette nouvelle alerte.

Début octobre, des utilisateur·ices d’alarmes de la marque Somfy reçoivent un mail intitulé “Information importante concernant votre alarme”. L’entreprise les informe qu’à partir de mars 2027, les serveurs nécessaires à de nombreuses fonctionnalités de leurs produits seront mis à l’arrêt.

Ces équipements, dont le prix allait de 500€ à 3000€, sont pourtant encore tout à fait fonctionnels.

Quelles alarmes Somfy sont concernées par l’arrêt de serveur ?

Les systèmes d’alarmes concernés comportent généralement une centrale, des détecteurs d’ouverture et de mouvement, ainsi qu’une sirène et un clavier de contrôle.

Ils sont dépendants des serveurs pour de nombreuses fonctionnalités. Pilotables à distance via une application, ils comportent aussi des options de programmation ou d’alarme sur le téléphone. Le pilotage à distance était selon des consommateur·ices “un argument commercial nettement mis en avant lors de l’achat”.

Voici la liste des produits concernés: Myfox Home Control 2, Myfox Home Control Pro, Evology Zen, Evology Easybox, Somfy Protexiom/Protexial, BFTAndromeda.

Quelles conséquences de l’arrêt des serveurs des alarmes Somfy pour les utilisateur·ices ?

Dans son mail, Somfy détaille les fonctionnalités perdues : 

Ce que cela signifie pour vous
À partir de cette date :
> Votre alarme continuera de fonctionner localement :
- Vous pourrez la piloter via les télécommandes et le clavier
- Les détecteurs et les sirènes resteront fonctionnels
> Les fonctionnalités connectées de votre alarme, quant à elles, ne seront plus disponibles :
- Vous ne pourrez plus la piloter à distance via votre smartphone
- Vous ne recevrez plus de notifications

Pas si grave, l’arrêt de serveur ? Selon les témoignages reçus par HOP sur sa plateforme de signalements, ce sont bien les fonctionnalités principales qui sont mises en berne !

Pour Dominique, utilisateur de Somfy depuis plus de 10 ans, “Cet arrêt supprimera toutes les fonctions connectées : plus aucune alerte d’intrusion à distance, plus d’alerte de piles faibles des détecteurs, plus de pilotage ni de reconfiguration. Un système d’alarme qui n’émet plus d’alerte ne rend plus le service pour lequel il a été vendu.”

D’autres soulignent qu’un simple changement de pile dans un détecteur nécessite une reconfiguration qui sera désormais impossible. Ainsi, chaque pile en bout de course rendra inopérant une partie du système de détection d’intrusion.

Cet arrêt de serveur mettra donc à l’arrêt certaines des fonctions principales de ces produits. Les utilisateur·ices dénoncent une mise au rebut forcée d’un équipement pourtant fonctionnel et onéreux.

“Après cette date, un produit en parfait état de marche deviendra en grande partie inutilisable, sans que je puisse le réparer, le mettre à jour ni le faire fonctionner en local. […] Ce produit m’a été vendu comme un équipement durable de sécurité et de confort, sans que l’on m’informe que son usage serait limité dans le temps par la décision du fabricant. Cette fin de service programmée me prive de l’usage de mon installation et m’oblige à la remplacer à mes frais.” explique un·e utilisateur·ice qui témoigne sur la plateforme de signalement de HOP.

Le prétexte trompeur de l’arrêt des réseaux de 2G et 3G ?

Dans son mail, Somfy explique que cet arrêt a lieu “dans le cadre de l’arrêt progressif des réseaux mobiles 2G/3G par les opérateurs de téléphonie mobile, ainsi que de l’évolution de nos infrastructures techniques”.

Pour rappel, l’arrêt des réseaux de 2G et de 3G a en effet commencé en 2026, avec des conséquences délétères. Encore 8,6 millions d’équipements sont dépendants de ces réseaux, par exemple : téléphones et smartphones, mais aussi ascenseurs et alarmes anti-intrusion !

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L’arrêt de la 2G-3G pourrait donc en effet être la cause de la perte de ces fonctionnalités. Sans enquête, il est cependant difficile de le vérifier. Cela relèverait si cela était confirmé de la responsabilité des opérateurs de télécommunication.

Mais les utilisateur·ices le démentent : si les équipements disposent en effet d’une carte SIM pour l’envoi de SMS en cas d’intrusion, ils sont aussi reliés à la Box internet. L’usage des réseaux 2G-3G n’est qu’un secours.

Un air de déjà vu : le fléau logiciel continue, après Kindle et Bose

Cette mélodie est bien familière. Vous vous rappelez de Kindle ? De nombreuses liseuses d’Amazon ont récemment subi un arrêt de serveurs que la multinationale justifiait par la fin des réseaux de 2G et de 3G en France. Pourtant, les liseuses auraient pu continuer sans problème à utiliser la Wifi.

Et Bose, vous vous souvenez ? L’arrêt de certains de ses serveurs en début d’année avait rendu quasiment inutiles des enceintes audios coûtant parfois plusieurs milliers d’euros. Sous la pression, l’entreprise avait tout de même repoussé l’arrêt et mis à disposition du public le code de son cloud. Cela a permis le déploiement indépendant d’applications, mais n’a pas effacé le préjudice pour les utilisateur·ices.

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Avec la multiplication des équipements et usages connectés, la dépendance aux serveurs, aux applications et aux logiciels s’étend à de nombreuses catégories de produits. Les fabricants, éditeurs de logiciels et opérateurs de réseaux restent maîtres à bord, que vous ayez acheté votre alarme il y a 10 ans ou votre enceinte connectée il y a 2 ans. Que vous ayez dépensé 10€ ou 1000€. Cette logique d’obsolescence logicielle a des conséquences économiques, sociales et environnementales dramatiques.
 
Dans certains cas, il est possible de continuer à utiliser le produit malgré les pertes de fonctionnalités ou les failles de sécurité. Parfois, une alternative de logiciel libre existe, mais cela demande d’être sensibilisé·e, d’avoir un minimum de compétences informatiques ou d’être accompagné·e.

Quelles sont les propositions de HOP contre l’obsolescence logicielle ?

Face au fléau de l’obsolescence logicielle, HOP demande un encadrement strict des pratiques :

  • Garantir une mise à disposition logicielle minimale pour les smartphones, les ordinateurs et les véhicules,
  • Accroître la souveraineté numérique des administrations,
  • Assurer des alternatives logicielles en cas de fin de support d’un logiciel par un metteur sur le marché,
  • Bannir l’obsolescence logicielle dans les services d’intérêt public.

Toutes ces propositions figurent dans le nouveau Livre Blanc de HOP. Publié en octobre 2026, il vise à d’influencer les programmes de la présidentielle de 2027 et les futures politiques publiques.

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Ensemble, tirons la sonnette d’alarme

Somfy ne propose pour le moment aucune solution ni contrepartie. « Ni API locale documentée, ni firmware permettant un fonctionnement autonome, ni serveur auto-hébergeable« , témoigne un utilisateur sur la plateforme de HOP. 

Révolté·es, les utilisateur·ices échangent sur le forum Somfy, et ont créé une pétition qui récolte aujourd’hui plus de 3000 signatures. Ils demandent le maintien des serveurs, ou a minima l’ouverture du code (API).

Combien de foyers concernés ? Quel coût pour les utilisateur·ices ? Quelle durée de vie des produits ? Autant de questions qui permettraient de mieux cerner le rôle que peut jouer HOP dans un cas comme celui-ci. Aidez-nous à en savoir plus sur impacts de cette décision de Somfy !

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