L’arrêt des réseaux de 2G et de 3G, décidé unilatéralement par les opérateurs de télécommunications en charge de l’exploitation des fréquences, a des conséquences environnementales, économiques et sociales désastreuses. De nombreux produits sont concernés, incluant les véhicules et voitures connectées.
d’équipements sont potentiellement concernés par l’arrêt de ces réseaux, dont près de 10 millions d’équipements connectés hors téléphones, incluant des voitures.
a minima de surcoûts liés à cette fin de réseau.
HOP et 15 autres acteurs se sont mobilisés dans une tribune dans Le Monde, pour demander un encadrement des arrêts de réseaux, afin que ce cas fasse précédent.
Obsolescence du système eCall d’appel d’urgence
Le système d’appel d’urgence eCall joint le 112 et localise la voiture en cas d’accident de la route. Il est obligatoire dans l’Union européenne sur toutes les voitures neuves vendues depuis 2018, dans une version dépendante de la 2G… Le passage à une version compatible avec la 4G n’a commencé qu’en 2025 de manière optionnelle, et n’est obligatoire que pour les voitures neuves vendues à partir de janvier 2026. Résultat : des millions de véhicules sont équipés d’un dispositif obsolète, dont personne ne veut assumer le coût de remplacement.
de véhicules équipés d’un eCall obsolète en Union européenne en 2024, et 4 millions en France.
L’arrêt de fonctionnalités de contrôle à distance
Au-delà du dispositif eCall, les véhicules récents sont de plus en plus connectés. De nombreuses fonctionnalités de contrôles à distance apparaissent, par exemple pour régler la climatisation ou le chauffage. Ces fonctionnalités sont elles aussi sujettes à obsolescence. Par exemple, en mars 2026, le message suivant apparaît sur l’application NissanConnect :
Pour les usagers de la Nissan Leaf 2, c’est la fin des services NissanConnect+, alors qu’ils ont pu acheter cette voiture neuve jusqu’en 2025, pour plus de 30 000€. Les plus vieilles des Nissan Leaf 2 n’ont que 8 ans, alors que l’âge moyen de départ à la casse d’une voiture est de 19 ans en France. Adieu, fonctions à distance de gestion du chauffage, de la climatisation, de la recharge, etc.
Si la fin de ces fonctionnalités n’empêche pas de conduire, il s’agit pourtant d’une perte de confort pour les conducteur·ices, et surtout d’une perte de valeur pour le véhicule.
La raison ? La dépendance du dispositif à la 3G, dont l’arrêt est prévu pour 2028. C’est loin d’être un cas isolé. Il est difficile de savoir combien de modèles sont touchés, les modem (modes de connexion) ont pu être modifiés d’une année à l’autre sur le même modèle de voiture, sans que cela ne soit communiqué par les constructeurs. Parmi les modèles potentiellement concernés cités par la presse spécialisée : Renault Zoé, BMW i3, Smart ForTwo, Peugeot e-208, Volkswagen e-Up ! 2.0, Skoda Citigo e iV, Seat Mii Electric, etc.
Pour vérifier si votre véhicule est concerné, nous vous invitons à contacter le service client de son constructeur, en vous munissant du numéro VIN situé sur la carte grise. Si vous êtes concerné·e, votre véhicule continuera probablement à fonctionner, mais vous devrez dire adieu à ces fonctionnalités à distance.
La dangereuse dépendance des véhicules aux logiciels
Les véhicules récents comptent une part croissante d’électronique embarquée, et ressemblent de plus en plus à des smartphones sur roue. De quoi ravir les automobilistes en quête de nouvelles fonctionnalités et de quoi multiplier les assistances à la conduite pour réduire les accidents. Mais aussi, de quoi rendre les véhicules potentiellement sujets à de l’obsolescence logicielle.
Dans son rapport traitant de l’obsolescence des véhicules thermiques et électriques, HOP alerte sur les risques pour la durabilité automobile. Parmi les grandes menaces : le développement des smart-cars, sans garde-fous réels pour assurer la mise à disposition des mises à jour logicielles, ni éviter le monopole du constructeur sur les données. Les fins de support provoquées par l’arrêt de la 2G et de la 3G mettent en lumière la dépendance des véhicules à la maintenance logicielle. Comme les smartphones, les véhicules sont désormais soumis au bon vouloir du fabricant.
HOP demande :
- Des mises à jour logicielles pendant au moins 20 ans pour tous les véhicules ;
- Une mesure exhaustive des impacts économiques et environnementaux induits avant toute décision liée au démantèlement d’un réseau de télécommunication ;
- L’encadrement public des décisions d’arrêts de réseaux de télécommunication en publiant des lignes directrices opposables aux opérateurs de télécommunications sur la fin des réseaux.