Depuis un an, les fabricants doivent afficher un score de réparabilité (de A à E) sur l’étiquette énergétique des smartphones vendus dans l’Union européenne. Ils doivent également rendre disponibles les pièces détachées et les instructions de réparation sur leur site. Ces informations doivent aussi être déclarées dans EPREL, le registre européen de l’étiquetage énergétique des produits. Mais un an après la cette mise en place, le bilan dressé par la coalition européenne Right to Repair est sévère.
Moins d’un téléphone sur cinq rempli les critères européens.
Thomas Opsomer, porte-parole d’iFixit, pour les politiques européennes, membre de la coalition Right to Repair, a passé au crible les 2334 modèles de téléphones mis sur le marché l’année passée montrent que que la grande majorité ne correspond pas aux standards européens : url vide, informations inaccessibles, prix des pièces détachées inaccessible, ou démesuré.
Pour Right to Repair, plusieurs zones d’ombre expliquent ce constat :
- Dans la plupart des cas, la non-conformité ne saute pas aux yeux. Il faut une longue navigation sur les sites des fabricants, parfois même créer un compte. Quel est alors l’intérêt de l’étiquette si les informations utiles à l’achat, comme le prix des pièces, ne sont pas disponibles en magasin ?
- Le contrôle des smartphones revient aux États membres. Or les autorités de surveillance du marché n’ont pas les moyens de vérifier à la main des milliers de références.
On compte en effet la mise sur le marché de deux nouveaux modèles de smartphones par jour dans l’UE !
Un score de réparabilité tout simplement absent des téléphones
Le problème ne se limite pas aux fiches EPREL incomplètes. Même quand le fabricant fournit les informations, elles n’arrivent pas forcément jusqu’aux consommateur·ices. Right to Repair a constaté que l’étiquette énergétique, et donc le score de réparabilité, était tout simplement absente pour de nombreux téléphones, en magasin comme en ligne. Et ça dépasse les téléphones : pour les sèche-linge, soumis à des règles similaires depuis juillet 2025, plus de la moitié des modèles ne sont pas conformes non plus.
Cette absence d’informations de réparation ou d’accès aux pièces détachées impacte les métiers de la réparation.
Si c’est votre cas, Right to Repair vous invite à le signaler via ce formulaire.
Ce que demande Right to Repair
Pour l’association européenne, les autorités de contrôle comptent aujourd’hui grandement sur les consommateur·ices et les ONG pour faire le travail à leur place Pour que cela marche, il faut un système plus transparent :
- Faire connaître le lien de signalement du site EPREL
- Obliger les fabricants à publier le détail du calcul de leur score.
- Créer une plateforme européenne de signalement.
Pour HOP ces chiffres sont la conséquence d’un manque d’ambition européen
HOP avait plaidé pour un indice de réparabilité européen, inspiré des indices français. Dans lequel la réparabilité n’était pas qu’une information parmi d’autres, et ou le prix des pièces détachées(premier frein la réparation) apparaîtrait dans une note agrégée. Dans l’état actuel les fabricants n’ont pas beaucoup d’intérêts à dépasser les minimums légaux. C’est aussi au nom de cette étiquette que la France a dû renoncer à son indice de durabilité pour les smartphones, bien plus complet. Constater qu’un an après, même ces exigences minimales ne sont pas respectées par la grande majorité des modèles ne fait que renforcer notre déception. Aux côtés de la coalition Right to Repair, HOP continuera de défendre un indice européen ambitieux.
Vous pouvez agir
Un téléphone vendu sans indice de réparabilité, des pièces introuvables ou hors de prix ? En France, la DGCCRF a ouvert une plateforme de signalement dédiée à l’indice de réparabilité.