Manifeste pour un service public local de la réparation
Dans le cadre des élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars prochain, Halte à l’obsolescence programmée propose aux candidat·es et aux futur·es élu·es de s’engager pour un service public local de la réparation en signant ce manifeste.

Alors que l’urgence écologique et sociale s’intensifie, les élections municipales de 2026 interviennent dans un contexte préoccupant et comme un levier clé pour un changement souhaitable.

Dans ce contexte, les collectivités territoriales apparaissent plus que jamais comme des échelons décisifs pour faciliter une consommation choisie et durable. Elles sont une des clés essentielles pour permettre la structuration d’une filière économique locale d’emploi dans l’économie circulaire, la prévention et la réduction des déchets.

L’environnement et le pouvoir d’achat demeurent des préoccupations majeures des Françaises et des Français, en particulier lorsqu’il s’agit de consommation. 90 % se disent a minima sensibilisés à la consommation responsable, et presque 73 % déclarent agir en faveur d’une consommation durable. Pourtant, il reste encore tant à parcourir pour atteindre les objectifs de développement durable.  

Depuis les années 2010, les collectivités se sont dotées de nombreux outils structurants, comme les plans de prévention des déchets, politiques climat-énergie, stratégies d’économie circulaire. Elles font déjà beaucoup, malgré les contraintes budgétaires.

Pourtant, un levier essentiel demeure largement sous-exploré : la durabilité et la réparation des produits.

Or, la réparation constitue un enjeu central :

  • écologique : car environ 80 % de l’impact environnemental d’un produit est lié à sa fabrication, rendant l’allongement de sa durée de vie déterminant ;
  • économique : avec un fort potentiel de création et de maintien d’emplois locaux non délocalisables ;
  • politique et social : car une large majorité de citoyens et citoyennes considère le remplacement prématuré des produits comme un gaspillage. Selon l’Ademe, allonger de la durée de vie de nos équipements électriques et électroniques pendant 3 ans supplémentaires permet d’économiser plus de 1700 € par foyer.

Huit Français·es sur dix ont une bonne image de la réparation.

Seul un tiers des produits abîmés ou en panne sont réparés selon l’Ademe

révélant un écart important entre l’intention et la réalité. Entre la volonté et la possibilité de passer à l’action.

Notre ambition : faire de la réparation un pilier des politiques locales

Le “service public local” de la réparation que nous défendons repose sur une approche permettant de structurer, de rendre visible et de renforcer l’existant et des solutions innovantes, au cœur des leviers relevant de la compétence des collectivités territoriales, de manière pragmatique.

En signant ce manifeste, les candidat(es) et/ou élu(es) reconnaissent la réparation comme un enjeu politique à part entière, et à agir à leur niveau pour lever les freins qui empêchent aujourd’hui son développement, au profit de la population locale. Réparer plutôt que jeter doit devenir plus simple et accessible.

HOP partage ces 3 axes clefs pour favoriser la réparation sur les territoires, pour inspirer des politiques publiques ambitieuses et les accompagner sur la durée en fonction des initiatives locales déjà menées et des contraintes.

1. Faire de l’information sur la réparation un bien commun

De nombreux acteurs et actrices existent déjà sur les territoires, mais demeurent insuffisamment identifiés pour que la réparation devienne le premier réflexe avant le rachat du neuf. Selon l’Ademe, plus de 80 % des Français et des Françaises estiment qu’une meilleure visibilité des réparateurs et des réparatrices professionnels ou des associations types Repair-Café qui se trouvent près de chez eux les inciterait à réparer davantage. 

Une information claire et accessible constitue un levier peu coûteux, mais déterminant, pour favoriser le passage à l’action.

  • Rendre visibles les réparateurs et les réparatrices, les initiatives citoyennes et celles de l’économie sociale et solidaire présents sur le territoire (par exemple la cartographie quefairedemesdechets de l’ADEME) ;
  • Valoriser les temps forts nationaux et locaux dédiés à la réparation sur mon territoire (par exemple les Journées nationales de la réparation) ;
  • Favoriser la coordination et la mise en réseau de ce tissu local pour améliorer la lisibilité de l’offre de réparation au plus près des habitants et habitantes.

2. Assurer un accès physique à la réparation sur l’ensemble du territoire

La réparation ne peut être un privilège réservé à quelques chanceux et chanceuses. Elle doit s’inscrire dans une logique de proximité, d’immédiateté de l’offre de réparation et d’aménagement équilibré du territoire.

  • soutenir l’implantation et la pérennisation des activités de réparation locales (par exemple grâce à la détermination d’orientations d’implantations des activités commerciales vertueuses ou grâce à des aides à leurs installations) ;
  • intégrer la réparation dans les politiques d’urbanisme, de développement économique et de gestion des déchets ;
  • encourager les lieux et équipements favorisant l’autonomie des habitants et des habitantes et la réutilisation des objets ;
  • développer des pratiques de collecte et de tri qui préservent le potentiel de réparation et de reconditionnement des biens.

3. Contribuer à l’accessibilité de la réparation pour toutes et tous

Pour 80 %

des Français et Françaises, le coût de la réparation est le critère le plus important pour faire réparer selon l’Ademe.

30 % du prix du produit neuf

C’est le maximum que le prix de la réparation ne doit pas dépasser pour être incitative et pour que le consommateur et la consommatrice passent à l’action./chi

Des politiques publiques nationales sont déjà mises en place en ce sens comme le bonus réparation. Néanmoins, les parties prenantes locales ont un vrai rôle à jouer pour permettre l’implantation efficace de ces dispositifs et qu’ils développent leur plein potentiel. 

  • être le relais local du développement du bonus réparation dans les territoires : informer la population locale de l’existence de ce dispositif qui permet de réparer pour moins cher ; 
  • inciter/accompagner les réparateurs et les réparatrices à se labelliser pour pouvoir faire profiter du bonus réparation aux citoyens et citoyennes ;
  • contribuer au développement d’associations permettant aux habitants et habitantes du territoire de réparer à moindre coût, voire gratuitement, et aux actions de sensibilisation permettant de développer l’auto-réparation. 

La montée en compétence des citoyens et citoyennes constitue un levier durable pour réduire les déchets et renforcer la résilience des territoires.

Dans un contexte de menace de désengagement progressif de l’État sur les politiques environnementales et d’économie circulaire, les collectivités locales ont un rôle politique majeur à jouer. Faire de la réparation un pilier des politiques locales, c’est répondre à l’urgence écologique tout en agissant concrètement sur le quotidien des habitants et habitantes.

En signant ce manifeste, nous affirmons notre volonté de mobiliser les leviers locaux pour faire davantage de la réparation une réalité accessible, visible et partagée sur nos territoires.

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