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Laetitia Vasseur
Laetitia Vasseur
Co-fondatrice et Déléguée Générale de HOP. Experte de l’économie circulaire.
Samuel Sauvage
Samuel Sauvage
Economiste, consultant en économie sociale et solidaire. Président & co-fondateur de HOP
Adèle Chasson
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Chargée de mission plaidoyer et du Club de la Durabilité
Marjolaine Sicot
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Chargée de plaidoyer et de communication
William Arhip-Paterson
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Doctorant en science politique
Thomas Esteinou
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Animateur réseaux
Lydie Tollemer
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Juriste spécialisée en droit de la consommation
Arnaud Bouaffre
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Consultant dans un cabinet d’expertise-comptable
Laetitia Said
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Facilitatrice Design-thinking
Aurélie Dubois
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Consultante RSE et communication institutionnelle
Lucie Bassinah
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Spécialiste innovations et collants
Alexandre Coulier
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Spécialiste crowdfunding et économie sociale
Ophélie Gatine
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Consultante éco-conception
Maria Fernanda Forero
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Communication et crowdfunding
Camille Fabacher
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Responsable technique
Joséphine Vuillard
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Responsable communication
Micaela Vecchiarelli
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Valentin Bouteiller
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Chargé de sensibilisation et Economie circulaire
Lucie Tamet
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Annie Claude Elkaim
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Journaliste et réalisatrice
Bertrand Laures
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Martin Hilsum
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Trésorier et membre du pôle sensibilisation
Morgane Sabouret
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Quentin Ghesquière
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Le Comité des experts

Anne-Sophie Novel
Anne-Sophie Novel
Docteur en économie, elle est journaliste spécialisée dans le développement durable, l’innovation sociale et l’économie collaborative.
Thierry Libaert
Thierry Libaert
Auteur de l’avis de Conseil économique et social européen sur l’Obsolescence programmée, il est par ailleurs auteur de nombreux livres et articles sur la communication.
Fréderic Bordage
Fréderic Bordage
Expert en numérique et développement durable, il a co-fondé GreenIT.fr et collabore avec l’Ademe, l’Afnor ou encore la commission européenne.
Philippe Moati
Philippe Moati
Professeur d’économie à l’Université Paris Diderot et co-fondateur de l’Observatoire Société et Consommation (l’ObSoCo).
Damien Ravé
Damien Ravé
Entrepreneur et développeur Web, il a créé les sites coopératifs commentreparer.com et produitsdurables.fr dédiés à la consommation durable.
Sophie Dubuisson-Quellier
Sophie Dubuisson-Quellier
Directrice de recherche au CNRS en sociologie et directrice adjointe du Centre de sociologie des organisations (CNRS-Sciences Po)
Philippe Frémeaux
Philippe Frémeaux
Editorialiste au magazine Alternatives Economiques, président de l’Institut Veblen. Il est notamment le coauteur de Transition écologique, mode d’emploi.
Cécile Désaunay
Cécile Désaunay
Directrice d’études à Futuribles, experte des modes de vie, de la consommation et des transitions
Dominique Kreziak
Dominique Kreziak
Maître de conférences en Marketing à l’IAE Université Savoie Mont Blanc.
Ses recherches portent sur le comportement des consommateurs
Walter Stahel
Walter Stahel
Fondateur et directeur du Product-Life Institute Geneva
Cosima Dannoritzer
Cosima Dannoritzer
Réalisatrice de documentaire spécialisé en écologie et technologie, « Prêt à jeter » (2010), « La tragedie électronique » (2014)
Benoît Petit
Benoît Petit
Maître de conférences en droit, Vice-président de l’Université de Versailles-Saint-Quentin, ses recherches portent notamment sur la RSE et l’éthique des entreprises
Claire Larroque
Claire Larroque
Doctorat en philosophie environnementale à l’Université Paris 1et à l’Université Laval à Québec. Sa thèse porte sur les enjeux éthiques et politiques liés à la gestion des déchets des sociétés industrielles.
Eric Vidalenc
Eric Vidalenc
Economiste de l’énergie, Conseiller scientifique de Futuribles et blogueur chez Alternatives Economiques
Emile Meunier
Emile Meunier
Avocat, spécialiste des affaires publiques et transition écologique
Claude-Albéric MAETZ
Claude-Albéric MAETZ
Maître de conférences à la Faculté de droit et de science politique d’Aix-Marseille Université, Directeur-adjoint de l’Institut de droit des affaires. Spécialiste de la notoriété et la réputation des entreprises
Vincent Aurez
Vincent Aurez
Economiste, spécialiste des modèles d’affaires de l’économie circulaire. Il est notamment le coauteur de Economie circulaire – Système économique et finitude des ressources.
Isabelle Robert
Isabelle Robert
Maître de Conférences en sciences de gestion à l’Université Lille 2, docteur en sciences économiques . Ses travaux se concentrent sur les business models soutenables. Elle explore les liens entre création de valeur sociétale, jeux d’acteurs et analyse du cycle de vie.
Fabrice Flipo
Fabrice Flipo
Professeur de philosophie, Institut Mines-Télécom BS et chercheur au Laboratoire de Changement Social et Politique (Paris 7 Diderot), spécialiste du développement durable
Gauthier Roussilhe
Gauthier Roussilhe
Designer spécialisé sur les questions de ressources et d’énergie
Levent Acar
Levent Acar
Cofondateur et directeur de l’association i-buycott. Auteur du manifeste « À vos marques, prêts, boycottez”
Kamila Pope
Kamila Pope
Docteur en Droit de l’Environnement. Chercheuse spécialisée dans la production et consommation durables et la gestion des déchets. Auteure de « Understanding Planned Obsolescence ».
Tim Cooper
Tim Cooper
Professeur de design et consommation durables, Nottingham Trent University, UK
Valérie Swaen
Valérie Swaen
Professeure de marketing et de RSE, UCLouvain, Louvain Research Institute in Management and Organizations, Belgique

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Le manifeste

Une ambition au service de valeurs partagées

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Pour une société sans obsolescence programmée

Qu’elle soit esthétique, technologique, technique ou logicielle, l’obsolescence programmée regroupe l’ensemble des techniques visant à réduire délibérément la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Elle est devenue l’outil de plus en plus répandu d’une société de consommation insoutenable. En plus de déposséder les individus de leurs droits à un usage durable des biens, ce système de production et de consommation s’appuie sur une extraction de matières premières, d’exploitation de terres et de ressources qui arrive à ses limites.

Conscients des enjeux de moyen et long terme au niveau climatique, environnemental, géopolitique, social et sanitaire, nous voulons réfléchir et agir pour concevoir le monde dans lequel nous voulons vivre. Face à l’absence d’action coordonnée contre l’obsolescence programmée, citoyen-ne-s, intellectuel-le-s, élu-e-s, fabricant-e-s, créatifs et tous ceux qui veulent mettre fin à l’obsolescence programmée s’unissent pour promouvoir une consommation responsable et un modèle économique global alternatif.

I. Penser

Repenser ensemble notre système

L’obsolescence programmée est le symbole d’un problème plus global: celui d’une société du gaspillage, basée sur un modèle linéaire productiviste et consumériste non soutenable. L’association se donne pour mission de contribuer à dessiner les bases d’un nouveau projet de société. L’association a donc pour but d’observer, proposer et débattre des solutions systémiques, notamment grâce aux soutiens d’experts, d’intellectuels, d’entrepreneurs, et toutes autres personnes qualifiées. Elle offre ainsi des clefs de compréhension et d’analyse de l’obsolescence programmée, dans une démarche constructive.

Faire émerger un modèle économique alternatif écologique et social

La remise en cause du modèle économique dominant, fondé sur une production et consommation de masse qui requiert nécessairement un fort taux de remplacement des produits, s’accompagne d’une promotion des modèles économiques durables à long terme. En particulier, les modèles économiques basés sur l’usage des produits (économie de la fonctionnalité), sur un modèle de réutilisation des ressources (économie circulaire) ou sur la collaboration des acteurs pour une production plus efficiente (économie collaborative) sont promus. Toutefois, nous resterons vigilants aux possibles conséquences écologiques et sociales des modèles alternatifs à l’obsolescence programmée. Une juste redistribution des richesses, l’égalité sociale, la démocratie, la préservation de l’environnement  doivent être au cœur des nouvelles solutions.

II. Informer

Protéger et informer le citoyen

L’obsolescence programmée technique et logicielle porte atteinte directement aux droits des consommateurs, victimes des produits conçus pour ne pas durer ou ne plus fonctionner normalement. Les informations concernant la réparabilité des produits, leurs durées de vie ou la garantie réelle du constructeur et du législateur sont souvent cachées à l’acheteur intentionnellement. Notre association vise à défendre le consommateur en lui offrant plus d’informations, en l’assistant dans sa démarche de consommation engagée en facilitant l’accès à des solutions concrètes, et en l’aidant à se défendre contre les tromperies, notamment par des actions en justice. Il s’agit de défendre le droit à l’usage de produits durables pour tous.

Lutter contre l’obsolescence programmée culturelle

L’obsolescence programmée est le symbole de la société de consommation dans laquelle nous vivons. Celle-ci repose avant tout sur une construction sociale écologiquement non durable. Nous avons pour objectif de favoriser la réduction des besoins, la “sobriété heureuse” ou “simplicité volontaire”. Nous dénonçons la société de sur-consommation qui repose sur la stimulation de désirs artificiels, orchestrée par des stratégies publicitaires, industrielles et commerciales peu scrupuleuses. Il s’agit aussi de lutter contre l’obsolescence esthétique et de favoriser les prises de consciences citoyennes face aux choix et responsabilités d’acheteurs. L’action de l’association ne peut ainsi se contenter de proposer des palliatifs écologiques ou technologiques aux conséquences de l’obsolescence programmée mais vise un changement profond vis-à-vis de la culture consumériste.

III. Agir

Agir localement, avec les citoyens

Le système actuel repose sur la consommation, les clients jouent un rôle clef puisque les producteurs dépendent entièrement du comportement des acheteurs. Aussi le rôle, la responsabilité et le pouvoir des citoyens ne doit pas être sous-estimé. Loin d’être impuissants, ils détiennent un véritable pouvoir d’action si, plutôt que d’être divisés et isolés, ceux-ci s’organisent et coopèrent pour changer les règles du jeu. Nous aspirons à sensibiliser et agréger le plus grand nombre pour favoriser l’émergence de nouveaux modèles de production et de consommation, tout en travaillant à stopper en parallèle les pratiques industrielles et commerciales d’obsolescence programmée. De nombreuses initiatives existent déjà, permettant de vivre selon d’autres modèles. En facilitant l’émergence de forums et groupes locaux, nous visons à amplifier l’impact de ces mouvements citoyens d’échange, de réflexion et de mise en réseau.

Fournir des outils pour agir localement, c’est permettre un changement immédiat dans la vie des citoyens. La mise en relation des talents et compétences de proximité permet des actions concrètes et a des répercussions sur un espace partagé familier. De plus l’action locale retisse le lien social indispensable pour tout changement global.

Agir en justice contre les pratiques d’obsolescence programmée

Si les citoyens ont un rôle important à jouer, les fabricants et distributeurs qui favorisent l’obsolescence programmée doivent être dénoncés. Nous utiliserons et soutiendrons toutes les méthodes et outils pour mettre fin à ces pratiques malhonnêtes, notamment grâce aux médias et aux actions en justice. Il ne s’agit pas de diaboliser l’ensemble des entreprises qui peuvent aussi se sentir victimes des logiques économiques actuelles, mais de constater et agir en justice contre les abus. L’association Halte à l’Obsolescence Programmée considère le droit et la justice comme des leviers essentiels de l’accès à un mode de vie durable et de l’émergence du monde dans lequel nous voulons vivre.

Promouvoir l’innovation et les initiatives durables

De plus en plus de fabricants, entrepreneurs, ingénieurs et créatifs (notamment les designers, startup, fablab, etc.) produisent des solutions d’objets et de pratiques visant à s’affranchir de l’obsolescence programmée et investissent dans des solutions alternatives. Nous valorisons et encourageons les nouveaux modes de production durables et responsables. Notre association défend une idée du progrès, de l’innovation et de la technologie qui va dans le sens de progrès écologiques et sociaux réels.

Protéger l’environnement de l’obsolescence programmée

Le combat contre l’obsolescence programmée est également mû par la reconnaissance des dégâts écologiques de ce modèle. La surconsommation et la surproduction engendrées par ces stratagèmes produit une sur-abondance de déchets et de pollutions, ainsi qu’un réchauffement global du climat, insoutenables pour l’environnement comme pour la santé humaine. L’obsolescence programmée est un enjeu de salubrité et de santé environnementale au niveau international. En lien avec les acteurs de l’environnement, notamment associatifs, notre action vise à sensibiliser et agir pour protéger l’environnement et la santé humaine.

Accompagner les décideurs

L’observation, les propositions et l’expertise produites par l’association visent notamment à accompagner les décideurs publics, ce que nous encourageons par des activités de plaidoyer. Cet accompagnement peut aussi prendre la forme de formation et d’animation de groupes de travail, notamment à l’endroit des élus locaux, des acteurs publics ou des entreprises et entrepreneurs.

IV. S’organiser

Un fonctionnement innovant, ouvert et égalitaire

Proposer de réelles alternatives suppose une alliance des citoyens-consommateurs, des fabricants, des intellectuels et des politiques… Au sein de l’association, l’ensemble des acteurs sont mis sur un pied d’égalité et travaillent de façon collaborative.

Une association indépendante et  non partisane

L’association Halte à l’Obsolescence Programmée est guidée par les valeurs d’indépendance, de transparence, d’action collective et pour le bien commun, de non-violence et de persévérance. Elle s’interdit globalement tout engagement moral partisan, financier, religieux, syndical ou corporatiste.

L’association ne dépend d’aucun parti. Les enjeux qu’elle soulève se placent au-dessus des clivages politiciens. Si les décideurs politiques peuvent représenter des partenaires pour accomplir les objectifs fixés par l’association, cette dernière reste complètement indépendante dans ses prises de positions.

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Questions/réponses

L’essentiel en quelques points

Après une première proposition législative en 2013 à l’initiative du sénateur écologiste Jean-Vincent Placé, les groupes parlementaires Europe Ecologie – Les Verts se sont à nouveau saisis de la question lors de la loi Hamon du 17 mars 2014 (sans grand succès), puis ont réussi à faire introduire et voter, le 22 juillet 2015 dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, le délit d’obsolescence programmée défini et réprimé par un nouvel article L.213-4-1 du Code de la consommation qui dispose que :

I- L’obsolescence programmée se définit par l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement.

II- L’obsolescence programmée est punie d’une peine de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende.

III- Le montant de l’amende peut être porté, de manière proportionnée aux avantages tirés du manquement, à 5% du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date des faits.

Le fait que l’obsolescence programmée soit reconnue par la loi comme un délit offre une réelle opportunité pour changer les choses. Si les consommateurs n’iront certainement pas porter plainte contre une machine à laver tombée en panne, par exemple, et n’auront pas les moyens de prouver le défaut, une association de consommateur le peut. C’est pourquoi nous voulons déférer une large communauté de consommateurs et collecter les données sur les cas d’obsolescence programmée pour, à terme, mener des actions de groupe en justice.

Lors des débats parlementaires, les contempteurs de ce nouveau délit ont invoqué les difficultés de mise en œuvre de la répression, en particulier au regard de l’administration de la preuve. Les arguments avancés peuvent cependant être écartés dans la mesure où la pratique permettra d’y répondre, notamment en se fondant sur la jurisprudence pénale.

Au-delà de la définition, d’autres mesures législatives permettent de réduire l’obsolescence programmée. Voici un état des lieux législatif sur l’obsolescence programmée:

  • Les commerçant doivent afficher la durée pendant laquelle ils s’engagent à assurer la disponibilité des pièces détachées de chaque machine, comme de tout autre bien d’ailleurs pour que cela puisse devenir un critère de choix (art. L. 111-3 du Code de la consommation). Il semblerait toutefois que le décret d’application soit flou…
  • La période d’effectivité de la garantie légale de l’ensemble des biens de consommation est étendue de six mois à deux ans (art. L. 211-7 du Code de la consommation).
  • La lutte contre l’obsolescence programmée doit faire l’objet de rapports du Gouvernement au Parlement avant mars 2015… pas de retour (art. 8 de la loi Consommation).
  • Introduction dans le Code de l’environnement de la définition de l’économie circulaire qui comprend « l’allongement de la durée du cycle de vie des produits » (art. L. 110-1-1 du Code de l’environnement).
  • La lutte contre l’obsolescence programmée des produits manufacturés grâce à l’information des consommateurs devient un des objectifs définit par l’article L. 541-1 du Code de l’environnement.
  • La mise en place d’expérimentations de l’affichage de la durée de vie pour plusieurs produits de consommation, par exemple dans le domaine de l’électroménager. Il ne s’agit que d’une simple expérimentation ! (art. L. 541-1 du Code de l’environnement).
  • Introduction du délit d’obsolescence programmée qui se définit comme un stratagème par lequel un bien voit sa durée de vie sciemment réduite dès sa conception (art. L. 213-4-1 du Code de la consommation). Ce délit pourrait permettre à une association de défense des consommateurs, voire de défense de l’environnement d’agir en justice.
  • Rapport gouvernemental sur l’extension de la durée de garantie à 5 voire 10 ans.
  • Introduction de plusieurs dispositions promouvant l’économie collaborative et de fonctionnalité qui augmentent indirectement la durée de vie des produits. En effet, dans la mesure où les fabricants restent propriétaires du bien et n’en cèdent que l’usage, ils ont tout intérêt à en augmenter la qualité et la résistance.
  • Les contributions financières perçues par les éco-organismes pour prendre en charge le recyclage des déchets dont ils ont la charge sont modulées en fonction de critères environnementaux liés notamment à la durée de vie (art. L. 541-10 du Code de l’environnement).

Les lois Consommation de mars 2014 et Transition énergétique d’août 2015 marquent indéniablement un progrès dans la lutte contre l’obsolescence programmée, toutefois des mesures supplémentaires et complémentaires peuvent être utilement adoptées à l’échelle nationale et européenne pour modifier durablement notre mode de consommation et de production.

L’obsolescence programmée peut prendre diverses formes, dont principalement :

  • l’obsolescence technique, dite aussi fonctionnelle ou structurelle : lorsque que le bien ne fonctionne plus en raison de la durée de vie limitée de l’un de ses composants essentiels et inamovibles ; on parle aussi d’obsolescence indirecte lorsque les pièces de rechange ou de remplacement sont rendues inaccessibles ou retirées du marché (par exemple, le verre de la cafetière n’est plus commercialisé) ;
  • l’obsolescence esthétique, dite aussi psychologique ou culturelle: par effet de « démodage », lorsque le professionnel commercialise en peu de temps de nouveaux produits vantés comme plus performants dans les campagnes promotionnelles (par exemple, une entreprise dispose déjà de nouvelles avancées technologiques qu’elle réserve à son prochain produit qui sera commercialisé seulement quelques mois plus tard).
  • l’obsolescence logicielle : il s’agit du renouvellement des logiciels, dans les smartphones ou ordinateurs par exemple. Elle recouvre plusieurs techniques : l’obsolescence perçue via une campagne marketing visant à rendre indispensable la nouvelle version du logiciel et totalement has been l’ancienne ; la limitation de la durée de support technique par rapport à la durée d’utilisation réelle ; ou encore l’incompatibilité de format entre ancienne et nouvelle version du logiciel.

L’obsolescence programmée a été théorisé par Bernard London en 1932 pour dynamiser un modèle économique à bout de souffle. La croissance économique repose sur la stimulation de la production et de la consommation. Plus on consomme, plus les entreprises gagnent en commandes et investissent pour produire davantage, ce qui théoriquement accroît l’emploi et le chiffre d’affaire. La TVA repose également sur la consommation, ce qui pousse les pouvoirs publics à l’encourager fortement afin de financer les dépenses publiques. Notre modèle économique et social repose sur la surconsommation, celle-ci devant être sans cesse renouvelée.

Lutter contre l’obsolescence programmée implique un changement de modèle économique. Il s’agit de consommer et produire moins, mieux, plus local et écologique. Si la fin de l’obsolescence programmée entraîne des mutations en termes d’emploi, elle crée de nouvelles opportunités dans d’autres secteurs. Grâce à l’économie circulaire, collaborative, fonctionnelle, sociale et solidaire, il est possible d’envisager de nouveaux types d’emplois dans la réparation, les services, le développement durable, l’agriculture de proximité et de nombreux autres secteurs. Il s’agit parallèlement d’engager une réflexion globale sur les modes de vie, l’échange de biens et services, le design, le travail et la simplicité volontaire.

Non, l’augmentation de la durée de vie des produits ne réduira pas le pouvoir d’achat des consommateurs, au contraire !

Actuellement les ménages modestes subissent une double peine : biens de mauvaise qualité et à renouveler souvent. Certains avancent l’argument que les biens bas de gamme permettent d’accéder plus facilement à la consommation, car ils sont moins chers. Or l’obsolescence programmée est antisociale : non seulement les produits de moins bonne qualité sont réservés au plus démunis, mais ces derniers doivent en racheter plus souvent et donc perdent en pouvoir d’achat sur le long terme.

Si l’obsolescence programmée est synonyme d’impacts économiques et sociaux majeurs, elle compromet aussi et surtout la préservation de l’environnement. Dans un contexte marqué par une urgence climatique et une raréfaction généralisée des ressources, l’obsolescence programmée implique une exploitation exponentielle des matières premières. Pour répondre à une demande créée artificiellement, on dégrade dramatiquement l’environnement : excavation de grandes quantités de terre, défrichage des sols, élimination de la végétation et destruction de terres fertiles dont nous avons bien besoin pour assurer la sécurité alimentaire.

La demande grandissante des ménages pour les équipements électriques et électroniques high-tech consommateurs de métaux rares et d’une grande quantité d’énergie pose également problème. Nos téléphones portables à eux seuls, peuvent contenir jusqu’à 12 métaux différents, représentant environ 25% du poids total des appareils. Ainsi, l’obsolescence programmée contribue à l’augmentation d’une empreinte écologique insoutenable.

L’augmentation croissante des déchets est également un enjeu crucial. Incinérés, enfouis ou jetés en mer, la pollution des déchets est dramatique tant pour la biodiversité que pour la santé humaine. Rappelons que 20 à 50 millions de tonnes de déchets électriques et électroménagers sont produits dans le monde chaque année et qu’environ la moitié alimente les économies informelles des pays du Sud. Avec entre 16 à 20 kg de déchets électriques et électroménagers jetés par personne et par an en France, le problème environnemental de l’obsolescence programmée est de plus en plus préoccupant.

Nombreux sont les consommateurs qui ont déjà fait l’expérience de l’obsolescence programmée. En plus de pénaliser le pouvoir d’achat des consommateurs, obligés de changer leurs appareils pour en racheter de nouveaux, l’obsolescence programmée engendre un sentiment de frustration et d’aliénation.

L’obsolescence programmée est aussi la cause indirecte de conditions de travail très difficiles pour les sous-traitants, notamment dans les pays dits « en voie de développement ». En effet, la réduction de la durée de vie des biens s’accompagne d’une réduction des coûts de production qui pèse sur les employés. Pour finir, l’obsolescence programmée promeut des comportements de consommation insoutenables et institutionnalise chaque jour un peu plus une culture du jetable…

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